Cours d'esthetique

mercredi, octobre 26, 2005

Hegel

G. W. F. Hegel, Esthétique.

Dans ce texte, Hegel envisage diverses approches spéculatives de l’art et discute l’opportunité d’en faire l’objet d’un discours philosophique et scientifique.

Parmi ces approches spéculatives, il évoque la critique, la théorie des arts ou encore l’esthétique. Hegel pose d’emblée non seulement un problème de légitimité (de quel droit, à quel titre peut-on penser l’art) et de méthodologie (comment le penser) mais également un problème de vocable. L’esthétique, tel qu’Hegel le définit avec Baumgarten, consiste en une science des « sensations agréables ». Le terme n’est guère du goût de Hegel, d’abord parce qu’il connote une approche empiriste, ensuite parce qu’il ne lui semble pas adapté pour qualifier la pensée de l’art. Il le reprend néanmoins, le terme étant comme il l'explique cité dans le langage courant.

Hegel privilégie très clairement une approche théorique de l’art et s’en explique en ces termes : « ce qui doit servir de base, ce n’est pas le particulier, ce ne sont pas les particularités, les objets, les phénomènes, etc., particuliers, mais l’idée. C’est par celle-ci, par l’universel, qu’on doit commencer. Partout, et par conséquent aussi dans notre domaine. C’est par l’idée du beau que nous devons commencer. Dans les soi-disant théories, au contraire, l’on commence par les particularités pour en déduire le concept, l’universalité. Ici, c’est l’idée en soi et pour soi qui vient en premier lieu. » En ceci Hegel se place dans le droite continuité de la pensée platonicienne. Ce primat de l’idée, Hegel l’explique très simple en répondant à l’objection selon laquelle conceptualiser un art qui vise justement à échapper au concept revient à le détruire. Si la pensée peut s’emparer de l’art, c’est qu’elle engendre à la fois l’art et la théorie. L’art est l’expression extérieure, aliénée de l’esprit, qui fait retour à lui-même dans la pensée de l’art. « L’œuvre d’art, dans laquelle la pensée s’aliène d’elle-même, fait partie du domaine de la pensée conceptuelle, et l’esprit, en la soumettant à l’examen scientifique, ne fait que satisfaire le besoin de sa nature la plus intime. » (p.26)

Art et esprit appartenant au même registre, Hegel s’autorise à la fois à légitimer l’esthétique et à faire primer en son sein l’idée, l’universel. Poursuivant sur sa lancée, Hegel revient implicitement à Platon, et rediscutant la notion d’apparence appliquée à l’art : l’apparence ne saurait être trompeuse mais constitue au contraire « un moment essentiel de l’essence ». L’art est en somme à la fois apparence et esprit, l’esprit dans le sensible : « l’art creuse un abîme entre l’apparence et illusion de ce monde mauvais et périssable, d’une part, et le contenu vrai des événements et phénomènes d’une réalité plus haute née de l’esprit. C’est ainsi encore une fois, que loin d’être, par rapport à la réalité courante, de simples apparences et illusions, les manifestations de l’art possèdent une réalité plus haute et une existence plus vraie. » (p.30)

Ayant rapproché art et esprit, Hegel fait de l’art, au même titre que la religion et la philosophie, un mode d’expression du divin, l’expression des besoins et exigences les plus élevées de l’esprit.

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Définition de l’esthétique. HEGEL, Esthétique, Textes choisis, Paris, Ed. PUF, 1998 p.11-23

Définir l’esthétique revient pour Hegel à définir l’art et ses fins, et par là même à revenir sur les notions importantes qui ont marqué cette définition.

Revenant sur la Mimesis (une manière ainsi de s’inscrire toujours de l’histoire de la pensée de l’art, d’en rediscuter les principales notions afin de mieux faire apparaître les vrai enjeux de l’esthétique), Hegel relate l’histoire bien connu des raisins peint par Zeuxis, si ressemblant que les oiseaux eux-mêmes vinrent les picorer. Si l’ambition de l’art est de reproduire la nature, alors cet art est bien vain et se condamne à imiter quelque chose qui ne pourra jamais l’être. « L’art doit donc se proposer une autre fin que l’imitation purement formelle de la nature ; dans tous les cas, l’imitation ne peut produire que des chefs d’œuvres de technique, jamais des œuvres d’art. »( p.16)

Hegel revient ensuite sur la notion d’apparence pour lui faire un sort de manière définitive et lui ôter son acception a priori péjorative : « l’art dégage des formes illusoires et mensongères de ce monde imparfait et instable la vérité contenue dans les apparences, pour la doter d’une réalité plus haute créer par l’esprit lui-même. Ainsi, bien loin d’être de simples apparences purement illusoires, les manifestations de l’art renferment une réalité plus haute et une exigence plus vraie que l’exigence courante. » (p.12-13)

L’art est donc strictement composé de deux dimensions constitutives : le sensible et le spirituel. « L’œuvre artisitique tient ainsi le milieu entre le sensible immédiat et la pensée pure. Ce n’est pas encore de la pensée pure, mais en dépit de son caractère sensible, ce n’est plus une réalité purement matérielle, comme le sont les pierres, les plantes, la vie organique. » (p.19)

Si l’art est un besoin de l’esprit, c’est que l’homme à travers lui prend à la fois conscience du monde extérieur et de son monde propre. C’est ainsi dans l’art que l’homme se reconnaît lui-même, entrevoit l’expression de son esprit en inscrivant celui-ci dans le sensible.

L’analyse de l’art comme manifestation sensible de l’esprit, fonde l’analyse Forme/fond, et toute la théorisation dans laquelle s’engage Hegel de l’art symbolique, comme art qui qui manifeste une image et à travers elle une signification universelle. On retrouve ici les préoccupations des Schelling, et l’articulation qu’il fait au sujet du symbole entre particulier et universel. L’articulation entre esprit et forme détermine toute la lecture des œuvres, et permet de proposer l’histoire de leur évolution. Symbolisme : image qui se pose à la fois comme problème et solution ; Classicisme : parfaite adéquation entre la forme et le fond, l’esprit se réalise dans la représentation de la forme humaine et la pénètre de toutes parts (p.184) ; Romantisme : dissociation de l’esprit et de la forme, « l’apparence extérieure et corporelle, l’existence actuelle de l’individu révèlent son néant dans la douleur qui accompagne son anéantissement, tandis que l’esprit, par le sacrifice de la nature sensible et de l’individualité, arrive à la plénitude de son être et prend possession de son ciel. » p.193

1 Comments:

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